Un exemple de classe flexible : Découvrons la classe d’Isabelle Coolens

Isabelle, ce qu’elle aime, c’est prendre ce qui lui semble adéquat pour ses élèves dans chaque méthode, utiliser un gros shaker et hop hop hop…  La classe magique !

Une classe divisée en espaces de travail

Photo - Les Octofun

Isabelle a carrément divisé sa classe en zones qui correspondent chacune à un octofun :

  • Bodyfun (intelligence kinesthésique), au centre de la classe. Là, on peut bouger (mais pas trop 😉
  • Mélofun (intelligence musicale) : zone où se trouve les outils avec lesquels on écoute.
  • Funégo (intelligence intrapersonnelle) : Isabelle l’a matérialisé avec une petite tente dans laquelle on se retrouve avec soi. Y sont placés des outils tels que cartes yoga, ball anti-stress, doudou, livre, etc.
  • Alphafun (intelligence verbolinguistique) : le coin où se trouve les outils de lecture et écriture, mais aussi de grammaire, etc.
  • Mathifun (intelligence logicomathématique) : bouliers, cartes à tâches avec jeux mathématiques, machines à soustraction, matériel Montessori, etc.
  • Vitafun (intelligence naturaliste) : les enfants ont la possibilité d’aller dehors s’ils le souhaitent et la météo le permet. Des palettes ont été aménagées avec des coussins. Un mini-potager a aussi été mis en place. Règle absolue : rester dans le champ de vision de madame si elle reste en classe (grandes fenêtres donnant sur l’espace vert où le coin est placé.
  • 3Dfun (intelligence visuospatiale) : géométrie, mais aussi cartes à trous façon puzzle faites maison pour l’éveil, etc.

 

Elle a ensuite organisé le temps des apprentissages dans sa classe selon les trois « préceptes » des Octofun :
– Sens : j’ai choisi mon atelier, celui qui me parle le plus.
– Engagement : je vais le faire, puisque c’est moi qui l’ai choisi.
– Plaisir : j’aime ce que je fais, je le fais bien.

La journée se divise ainsi entre moments où les enfants vont individuellement choisir leurs activités dans les zones qui leur font envie et d’autres moments collectifs cette fois où Isabelle ‘anime’ des activités autour de compétences à acquérir. Isabelle explique qu’elle essaie d’équilibrer au minimum entre 2 ateliers alpha et math par jour, et jusqu’à 3 ateliers au choix ensuite, s’ils ont bien travaillé.

Un exemple de moment collectif en ‘alphafun’ : un atelier ‘Grammaire en 3D’

En leur montrant comment faire, Isabelle invite les enfants à jouer les histoires pour découvrir la phrase, et ajoute des éléments en 3D. Elle invite les enfants à faire les gestes. Le point à la fin de la phrase par exemple est symbolisé par un cachet avec lequel on frappe au bout de la phrase constituée par de petits personnages ou éléments (jouets). Elle a découvert que cette méthode était très intéressante pour les élèves en troubles d’apprentissages pour lesquels la méthode habituelle d’apprentissage de la phrase où on utilise des listes avec beaucoup d’infos est trop difficile (liste avec 3 sujets, 3 verbes, 3 compléments à réorganiser = trop). De plus, la mémoire kinesthésique est bien plus profonde que l’audio ou la visuelle. Au final, ça fonctionne très bien pour tous.

Par rapport aux ateliers individuels « au choix » : je n’ «analyse» pas les enfants dès la rentrée. Je suis plutôt dans la prise de conscience de là où ils vont avec le plus de spontanéité, puis je travaille pour faire « grossir » les intelligences qui ne sont pas très développées. Je suis donc dans une pure posture d’observatrice pendant les ateliers : j’ai découvert des choses et appris à mieux connaître mes élèves, voir ce qu’il faut encore travailler, quelles méthodes leur convienne le mieux, comment encore améliorer certains outils.

Apprendre le fonctionnement de la classe

Le 1er mois est principalement consacré à l’installation des règles, des habitudes de travail et aux. Installations. Cela va du repliage de tapis où on s’installe à la disposition des couvercles des boites. C’est loin d’être du temps perdu et juste de la convenance pour passer une bonne année, car c’est aussi une question d’apprentissage de l’autonomie.

Il m’a fallu quelques années pour être dans un fonctionnement à 100% en atelier. Je l’ai fait de façon transitoire, atelier par atelier, zone par zone. Aujourd’hui, je ne prépare rien d’autre que de nouveaux ateliers, ou j’adapte les anciens. Le défaut qu’elle y voit aujourd’hui et qu’elle tend à corriger : les enfants n’écrivent pas assez.
Je n’ai jamais de journal de classe prêt, et je ne sais jamais exactement de quoi ma journée sera faite. Je me laisse souvent guider par les enfants. Je n’ai pas non plus de véritable cahier de synthèse. Ce qui constitue un retour, une trace des apprentissages et activités, ce sont les photos que les enfants prennent avec leur tablette de « ce que j’ai fait aujourd’hui ».

Ses ateliers à venir

Prochainement : comment fabriquer soi-même ses cartes à taches et ses tableaux interactifs (non numériques 😉
Plus tard, car il faut encore un peu de préparation) : comment réaliser des séquence d’apprentissages en grammaire 3D ? Dites-nous aussi, si ça vous botte !

Quelques trucs

  • J’utilise des étiquettes avec le prénom de chaque enfant à l’entrée de la classe. Quand il a choisi et prêt le matériel pour son atelier dans l’étagère, il laisse son étiquette-prénom à la place de la boite qu’on prend… Cela évite bien du bazar…
  • Un outil intéressant : le sablier ! Pour ceux qui dorment un peu, pour structurer le temps, pour mettre en place des défis, laisser libre cours à votre créativité !
  • Cartables ? Non les cartables n’entrent pas en classe. Mais chacun a son espace perso dans la classe, qui n’est cependant pas une place fixe.
  • Les devoirs ? J’en donne mais j’oublie aussi 😉 Mais les enfants sont en demande et quand c’est le cas, c’est mieux d’y répondre, bien sûr.

 

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