Nous avons participé à un Forum d’échanges, et voici ce qu’on en a retenu…

La semaine dernière, Lucie et Erick se sont rendus à Fleurus pour un Forum à l’initiative de la FWB dans la mouvance du Pacte d’Excellence. Son titre : Soutenir les apprentissages numériques à l’École. Il était important pour Forsud de continuer à se positionner comme acteur présent sur ce terrain. Par ailleurs, nous restons toujours attentifs à aller chercher le maximum de ressources et outils pertinents à vous transmettre. Au programme, découvertes et échanges avec d’autres pédagogues praticiens. Voici notre compte-rendu… bonne lecture !

Photo - Forsud était présent lors du forum Soutenir les apprentissages numériques à l’École le 30 avril 2019 à Fleurus

 

François Jourde et les outils des GéoMédias

Photo - Atelier Enseigner avec les géomédias lors du forum Soutenir les apprentissages numériques à l’École le 30 avril 2019 à Fleurus
François Jourde

GéoMédias ! Nous voilà partis avec des mots compliqués… Pourtant derrière ce mot, il y a des choses que nous connaissons tous !
Les géomédias sont les technologies et les logiciels qui composent ce qu’on appelle un Système d’Information Géographique (SIG). Là c’est bon, on a perdu tout le monde, mais au moins vous avez une définition assez complète pour définir des outils tels que OpenStreetMap, Google Maps, ou encore Maps chez Apple, et une multitude d’autres encore…
Grâce notamment à la géolocalisation, ces outils permettent de récolter des informations sur des lieux, tracer des itinéraires, ou bien de créer des “photosphères”. Ça y est ça recommence avec les gros mots ! Une photosphère, c’est une photo large. Très large, trèèès laaaarge. En 360° horizontalement, mais aussi verticalement (d’où la notion de sphère).

Si ces outils ont été vulgarisés d’abord à des fins commerciales, leur aspect éducatif apparaît aujourd’hui comme une évidence. Grâce à l’adoption de tels outils par les élèves, nous pouvons les aider à se situer dans l’espace, documenter une photo de lieu, dresser des itinéraires de route et/ou de chemin, le tout souvent dans un esprit de ludification favorable à l’acquisition, la rétention.

Concrètement, François Jourde nous a présenté des outils mais surtout une carte mentale qui les regroupe et les structure toutes entre elles. Il nous a aussi donné accès à une plateforme recensant toute une série de séquences d’apprentissages exemplatives mettant en œuvre ces dispositifs. Ceux dont nous avons déjà mentionné les noms plus haut, mais aussi uMap, par exemple (que nous utilisons déjà pour la carte des projets « Tic à l’école » 🙂 ). En matière de photosphères, il a cité Tour Creator (de chez Google) comme probablement le meilleur outil utilisable.

Si les premiers intérêts sont évidents (visiter des lieux importants, apprendre à se situer dans l’espace, découvrir la géographie d’une région, exploiter des cartes pour une production …), le travail avec ces outils permet aussi d’appréhender l’outil informatique en général. On entre alors dans la dimension de l’éducation aux médias. Le tout en favorisant le travail d’équipe, la réalisation de production médiatiques, pour apprendre de façon ludique !
Une formation pourra être évidemment organisée si les demandes sont là, lors des sessions de la fin du mois d’août, par exemple. Les ressources seront quant à elles aussi intégrées au wiki de Forsud, bien entendu.

Nicolas Roland : L’accompagnement des élèves dans le numérique

Capture visuelle de l'atelier de Nicolas Roland - Accompagner ses élèves dans l'usage du numérique
Accompagner ses élèves…

En matière d’approche du numérique, voici une question souvent oubliée et pourtant fondamentale : quelles compétences je dois développer chez mes élèves pour qu’ils soient capables de prendre en main les outils qu’on leur propose ? Et la question consécutive, et primordiale : comment évaluer le degré de compétences de mes élèves en la matière ?

Car le numérique, c’est comme tout ! Il y en a pour qui c’est une évidence, et d’autres pour qui c’est un peu plus compliqué. De la même manière qu’on fait découvrir petit à petit les chiffres et les lettres aux enfants, le numérique dans les classes doit entrer progressivement, de façon à ce que chacun puisse découvrir et apprendre à maîtriser l’outil spécifique qui lui est fourni. Et un usage personnel privé d’un outil n’est pas celui qu’on en fera dans le cadre scolaire, des apprentissages ou même professionnel plus tard.

L’objet de l’atelier était de sensibiliser à la place de l’éducateur dans l’accompagnement à l’usage des outils numérique. Plusieurs pistes de travail ont à ce titre été émises :

  • Diagnostiquer/valider le niveau de ses élèves. Afin d’éviter de lui demander, sans forcément en avoir conscience, quelque chose dont il n’est/ne se sent pas capable, ou qu’il ne maîtrise pas. Pour cela, Pix nous a été présenté comme outil virtuel, de même que ce tableau récapitulatif.
  • Accompagner tout usage de ressources numériques. C’est-à-dire être présent lorsqu’ils l’appréhendent, être disposés à répondre à leurs questions sur leurs usages. Cela implique aussi d’être familier avec la ressource utilisée. Nicolas a même carrément déconseillé de mettre le numérique dans la classe si on n’est pas prêt à le suivre et à développer les compétences des élèves.
  • Utiliser au fur et à mesure le numérique. C’est-à-dire ne pas basculer dans le tout-au-numérique de but en blanc. Par exemple, Plickers est un outil gratuit qui permet de réaliser des évaluations, de faire répondre à des questions sans que les élèves ne manipulent encore eux-mêmes l’outil informatique. C’est un outil parfait pour entrer dans le numérique en douceur.
  • Éduquer aux enjeux du numérique : Matière souvent délaissée mais pourtant essentielle pour tenir une place de citoyen éclairé dans la société, savoir dans quel jeu on joue quand on utilise le numérique. Un autre outil a été cité dans ce cadre : « Vinz et Lou », deux héros dont les aventures permettent de questionner sur la citoyenneté et le vivre ensemble, à ouvrir et inviter au débat. Idéal pour les enfants de 7 à 12 ans.

Cindy Warsage et la classe inversée

Photo - Atelier Les classes inversées lors du forum Soutenir les apprentissages numériques à l’École le 30 avril 2019 à Fleurus
Cindy Warsage

La classe inversée est une méthodologie par laquelle l’élève a pour tâche de découvrir par lui-même certaines notions, certains concepts ou de réaliser certains apprentissages à la maison avant de revenir en classe pour les exercer, les mettre à l’épreuve avec le professeur. Cette inversion vis-à-vis du modèle classique va alors permettre à l’enseignant d’être plus présent au moment de l’exercice, de l’application des concepts, savoirs et compétences, et de pouvoir jouer son rôle d’accompagnateur face aux difficultés rencontrées par certains élèves.
Le plus souvent, ce sont les outils numériques qui vont permettre ce basculement. Ainsi, par exemple, grâce à une vidéo dénichée ou réalisée par le professeur, l’élève découvre le sujet abordé. Une fois en cours, après un bref rappel de la notion, il passe directement aux exercices. Ce mode de fonctionnement permet dès lors d’entrer dans plus de différenciation et d’aller plus en profondeur dans la mécanique d’apprentissages des élèves.

Les deux enseignants responsables de l’atelier ont commencé par nous partager un outil décrivant les différents stades menant à la pratique de la classe inversée : le modèle SAMR. L’occasion pour eux d’aussi de rappeler que la technique peut tout aussi bien être utilisée au début comme en cours de séquence d’apprentissages.

Nous avons donc découvert des outils qui permettent de mettre tout cela en place : youtube, Mentimeter, symbaloo, padlet, XMind, et Kahoot entre autres. S’en sont suivis des échanges questions-réponses sur leur pratique en général. Il fut notamment question de l’usage du smartphone (donner à cet objet a priori rédhibitoire un rôle plus enrichissant). Ou encore comment la classe inversée facilite le travail avec les enfants DYS, en leur suggérant des supports alternatifs à ceux utilisés par les autres, par exemple.

Enfin, le numérique, tout comme le modèle de classe inversée, doit être pensé comme un outil parmi tant d’autres. L’enseignante-témoin nous a par exemple expliqué comment elle continuait à mener des exercices d’écriture à la main, une fois de retour en classe… En disposant de beaucoup plus de temps pour le faire, et en s’aidant des tablettes si on sèche sur certaines règles de grammaire et d’orthographe. 😉

Les escape games ou jeux d’évasion pédagogiques, avec Cédric Mainil

Capture visuelle de l'atelier de Cédric Mainil - Les escape games ou jeux d’évasion pédagogiques
L’escape game

Les escape games, ce sont des jeux d’enquêtes où les joueurs coopèrent ensembles à la résolution d’énigmes dans un seul but : s’évader de la pièce dans laquelle ils sont enfermés.
A priori l’aspect pédagogique n’est pas évident et pourtant…
Les réflexions et les compétences que demandent ces énigmes sont nombreuses : Sens de l’observation, réflexion matricielle, décodages, communication, organisation d’équipe, et ce n’est qu’une infime partie.
Les motivations des enfants sont certainement évidentes, le jeu d’évasion étant particulièrement motivant et excitant avec le temps imparti, et le contexte incite plus à la collaboration qu’à la compétition, et l’échec est admis et possible.

Cédric Mainil nous a fait part d’exemples intéressants, liant à la fois numérique et supports physiques tels que Escape from Tagalog, et des outils permettant de créer les éléments constitutifs de ses propres jeux d’évasion. Un générateur de QR Codes est incontournable et les Learnings Apps viendront également bien à point.

Les jeux d’évasion pédagogiques numériques ont vu le jour il y a peu près deux ans. Pour les réaliser, une plateforme en ligne a obtenu l’adhésion des professeurs. Cette plateforme, c’est Genially. Genially a en effet de nombreux atouts : du point de vue de la création, tout est simplifié et fonctionne sur le principe du glisser déposer. Il suffit juste de sélectionner et de laisser s’exprimer sa créativité.

Christelle Quesne – Les outils pour créer un jeu d’évasion avec Genially

Nous avons d’ailleurs pour vous l’exemple bien appliqué d’un jeu d’évasion ici. Mais vous pourrez trouver une petite mine d’informations sur le sujet en parcourant le site « Escape n’ games » de Christelle Quesne. LE site à visiter pour débuter !  🙂

Structurer (ou transférer) des apprentissages de manière créative avec la technique du Stop motion, avec Carole Gauthier

L’atelier proposé était cette fois-ci beaucoup plus pratique, avec la création d’une vidéo en stop motion. Le stop motion, ou animation en image par image, est une forme d’animation qui consiste à prendre des photos d’une mise en scène, bouger quelques éléments de cette mise en scène, reprendre une nouvelle photo et ainsi de suite… Puis assembler toutes ces photos afin d’en faire un court ou long métrage.

Capture visuelle de l'atelier de Carole Gauthier - Structurer (ou transférer) des apprentissages de manière créative avec la technique du Stop motion
Le stop motion en résumé

Comme toute création, une vidéo en stop motion doit être avant tout pensée sur son contenu. Il est important de réfléchir à votre projet, à votre histoire, c’est la base essentielle de votre travail. Ensuite, vous pourrez réaliser un story-board (un ensemble de dessins qui va aider à visualiser la mise en scène et les plans de votre vidéo) qui permettra d’ores et déjà de réfléchir à l’organisation des séquences et du tournage de votre film d’animation.

L’animation en image par image déborde de qualités. C’est une façon de filmer qui ne demande pas beaucoup de moyens (même pas Internet ou le WiFi !), développe des qualités humaines de patience et de persévérance (si l’on souhaite réaliser un travail le plus fluide possible, mais le résultat peut aussi être rapide) mais aussi bien évidemment l’intelligence artistique et créatrice, le travail en groupe, et à savoir faire attention à de multiples détails pour la réalisation d’un projet. Par exemple, il faut être très vigilant quant à la luminosité qui doit être la plus stable possible, avec des fonds facilement déplaçables et arrangeables. Et cela est encore plus important quand on fait le travail en plusieurs séances…

Coté logiciels, il existe des applications pour smartphone et tablettes qui permettent de traiter et réaliser les vidéos. Carole nous a invité à travailler avec Animation en Volume qui est disponible sur Android et iOS. Cette application s’avère effectivement simple et rapide à prendre en main. Et sa version gratuite offre déjà toutes les fonctionnalités nécessaire à la réalisation rapide d’une vidéo de stop motion.

Et tout ça pour quoi ? Le fait de travailler en stop motion peut être une excellente solution pour présenter des exposés, vérifier la compréhension d’un texte, expliquer un cours. Avec en plus l’engouement à réaliser une vidéo avec des outils simples et rapides.

 

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